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Garorock Festival – Marmande, France – les 8, 9 et 10 juin 2012

Posted by Nicolas Keshvary on 23 juin 2012 in Reviews festivals

Le Garorock voit depuis plusieurs années sa réputation atteindre celle des plus grands festivals français, et trouver petit à petit sa place dans le top européen. Désormais calé au début de l’été, il ose se frotter à cette saine concurrence, et à mettre en avant ses points forts.

Nous avons décidé de mettre à profit la journée du samedi pour découvrir le festival, dont on entendait de plus en plus parler ces dernières années : faisant la part belle aux groupes de rock, l’affiche justifiait à elle seule notre présence.

En arrivant sur Marmande (charmante petite ville au bord de la Garonne, près de Bordeaux), l’ambiance bon enfant du festival donne tout de suite la banane : festivaliers un peu partout dans la ville, de multiples scènes permettant à des groupes et artistes pop-rock-folk-électro de se faire entendre à tous les coins de rue… Très sympa !

Situation tout à fait incroyable, il suffit de traverser le fleuve, à 30 mètres du centre ville, pour entrer sur le domaine du festival ! Une fois rentrés, une petite marche champêtre, entre clairières et forêts, nous amène à l’esplanade remarquable du festival : quelques hectares verdoyants, complètement cernés de bois… Un festival en pleine nature, remarquable ! En parallèle, louons les efforts de l’organisation qui développe plusieurs démarches visant à réduire la pollution des lieux pendant le festival.

Autre spécificité du Garorock : son affiche haute en couleurs, réputée pour accorder une place à tous les genres musicaux. Déjà, une zone spéciale « électro » assure une rotation de DJ’s et artistes électro de toutes tendances pour les amateurs. Même si ce n’est pas ma tasse de thé, je dois reconnaître qu’à chaque fois que j’y suis passé, l’ambiance était bonne, et la musique variée.

La plupart des concerts se déroulent néanmoins sur une double « main stage » tout à fait pratique : dès qu’un concert se termine, le suivant enchaîne sur la scène à côté. La programmation, très subtilement établie, est construite un peu comme des « montagnes russes » musicales, avec une évolution tout au long de la journée. En arrivant sur le festival, c’est le rap de Odezenne qui nous accueille, devant un public encore clairsemé.

We Were Promised Jetpacks prend la suite, et distille son pop rock aux relents prog (on entend du Dredg ici ou là…) plutôt sympa, tranquillement… Un peu trop tranquillement peut-être, les musiciens sont un peu apathiques, voire même peu souriants… Leur comportement quelque peu introspectif ne suscite pas une énorme adhésion, mais force est de reconnaître que leur musique est agréable pour un début de journée.

Les très hypés Citizens! sont eux bien plus enjoués quand ils montent sur scène : produits par le leader de Franz Ferdinand, le quintette londonien propose un rock sympathique pas si éloigné de leurs parrains musicaux : titres rythmés, refrains accrocheurs, tous les éléments sont là pour faire bouger un public peu à peu plus nombreux, sous un soleil radieux. Le public semble familier avec certains de leurs titres, signe du succès grandissant du groupe sur nos terres. Ca joue bien, c’est bien foutu, les musiciens ont l’air contents d’être là… que demande le peuple ?

La parenthèse musicale constituée de Foreign Beggars (rap-dub funky) puis PuppetMastaz (rappeurs assez délirants, avec des marionnettes en terme de frontmen !) est tout à fait opportune pour se détendre un peu et profiter du cadre superbe du festival et des différentes attractions proposées (chaises longues, auto-tamponneuses, jeux divers…).

Selah Sue, la chanteuse belge funk-soul (dont vous avez forcément le single « This world » à la radio ici ou là…) reprend en main l’orientation musicale de la soirée pour l’orienter vers quelque chose de plus bluesy. Sa musique se place en bonne synthèse des genres sus-cités, avec une voix chaude, un peu éraillée très caractéristique. Elle y apporte des éléments de trip hop, du ragga parfois, le tout se laissant écouter plaisamment, même si un peu roboratif sur la fin.

Place à un coup d’accélérateur, avec la montée sur scène du cultissime groupe de ska The Specials. Même si le groupe anglais culte ne compte plus tous ses membres originels dans ses rangs, ses musiciens, quoi qu’un peu vieillissants, ont une pêche incroyable, et sont visiblement heureux d’être là (sauf Terry Hall, chanteur principal, qui semble faire la gueule tout du long…). Leur ska très classique fait mouche devant une assistance désormais bien fournie. Il faut dire qu’en festival, sur un public assez jeune, en fin d’après-midi, le pari n’était pas trop risqué : rien de tel qu’un bon groupe de ska pour booster une ambiance. Un succès mérité en tout cas.

Alors que la nuit tombe, un pas de géant est fait musicalement dans le sens du dynamisme, avec l’arrivée des Hives. Ces derniers entament logiquement leur set par « Come On », l’intro de leur album, qui donne le ton : droit dedans, pas de quartiers ! Pour les avoir vus quelques semaines plus, tôt, je suis assez bluffé par leur dynamisme ce soir. Leur pêche est incroyable, et on a l’impression que Chris Dangerous, le batteur, emmène le groupe à une vitesse anormalement supérieure tout du long de leur set. En un peu plus d’une heure de concert frénétique, le groupe arrive à coller 5 ou 6 des nouveaux titres issus de « Lex Hives », leur disque sorti cette semaine, et à chaque fois ce fut un succès (« Patrolling Days », « My time is coming », etc…). A côté, les grands classiques « Main offender », « Hate to say I told you so », etc…. remportent le jackpot à chaque fois au bout de 2 accords. Le flux continu de slammeurs ne trompe pas : ça cartonne dans le public. Le groupe termine son set avec « Tick Tick Boom », durant le quel Pelle (chanteur) s’assoit en bord de scène et demande à tout le public de faire de même. Par un tour de force complètement improvisé (pas comme le « rituel » un peu stupide de Slipknot, par exemple), il se crée une convivialité hallucinante entre le chanteur et le public, qui, sans forcer, sur des centaines de mètres autour de la scène, fait s’asseoir tranquillement tout le monde pour quelques secondes, jusqu’à ce que tout le monde bondisse debout à la reprise du refrain. Ca donne des frissons… Au final, le groupe était tant dans le rouge tout du long, leur set se termine 10 minutes plus tôt !

Après les garage punk-rockers, les old-school punk-rockers de NOFX prennent tranquillement la scène, de manière quelque peu désordonnée (le chanteur Fat Mike le soulignera en rigolant). Le quatuor entame son set sur « 60% », un titre rigolard qui démarre lent et mélodique, avant de s’emballer au bout d’une minute en pur brûlot punky. Et c’est parti pour une sacrée bonne soirée ! Les zicos ont le sourire, le public est aux anges… bref, tout le monde s’éclate, ça fait plaisir à voir ! Le groupe dégaine ensuite une ribambelle de petites tueries qui feront slammer le public nocturne du Garorock. Même la pluie, qui vient nous surprendre au bout de quelques chansons, ne refroidit pas les jeunes et moins jeunes venus pogoter et sauter dans tous les sens. NOFX a beau être un peu « vieillissant » dans le paysage actuel, ils assurent bien et en donnent pour leur argent à un public qui en redemande.

Même si d’autres prestations nocturnes plus « électro » sont au programme pour finir complètement cette seconde journée (sur 3), il est temps pour nous de quitter le site. On aura pris un sacré plaisir aujourd’hui à découvrir ce festival (il n’est jamais trop tard pour bien faire) : cadre somptueux, ville sympa, ambiance festive et conviviale, programmation subtile mêlant tous les genres musicaux, ainsi que découvertes et valeurs sûres… Tous les ingrédients sont réunis pour satisfaire des festivaliers estivaux devenant naturellement de plus en plus exigeants. Belle performance. C’est donc avec regrets que nous empruntons la magnifique allée verdoyante qui nous amène sur le chemin du retour, le cœur gros… Rendez-vous l’année prochaine ?

Toutes les infos sur www.garorock.com

 

[Laurent Remazeilles]

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